Le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, affirme que le président Félix Tshisekedi n’a jamais abandonné les médiations de Doha et de Washington. Il accuse les auteurs de « déformations » des propos tenus à Moscou de servir, selon lui, les intérêts du Rwanda et du M23, présentés comme des obstacles au retour de la paix dans l’Est du pays.
Le porte-parole du gouvernement congolais estime que les déclarations du chef de l’État lors du 3e Sommet Russie-Afrique ont été sorties de leur contexte. Selon lui, Félix Tshisekedi a au contraire réaffirmé la priorité donnée à la voie diplomatique, à travers les processus de Washington, conclus avec le Rwanda, et de Doha, engagés avec l’AFC/M23 sous médiation qatarie.
Une clarification politique
Patrick Muyaya soutient que le président congolais n’a jamais « lâché » ces deux chantiers de paix. À Moscou, Félix Tshisekedi a demandé à la Russie d’appuyer l’application des résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui exigent notamment la cessation des hostilités, le retrait du M23 des zones occupées et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais.
Le ministre de la Communication accuse ceux qui présentent autrement le discours présidentiel de nourrir la confusion et de faire, selon ses termes, le jeu de Kigali et de la rébellion du M23. Pour Kinshasa, cette désinformation freinerait les efforts diplomatiques et la mise en œuvre effective des engagements de paix.
Deux canaux complémentaires
Le gouvernement distingue clairement les deux processus. L’accord de Washington concerne les relations entre la RDC et le Rwanda, tandis que l’accord-cadre de Doha encadre les négociations entre Kinshasa et l’AFC/M23, incluant notamment le cessez-le-feu et la libération de prisonniers.
Kinshasa insiste également sur la nécessité de traduire les avancées diplomatiques en résultats vérifiables sur le terrain : protection des civils, accès humanitaire, cessation des hostilités et retrait des forces étrangères.
L’enjeu de la paix dans l’Est
La crise sécuritaire dans l’Est de la RDC demeure marquée par les violences impliquant l’AFC/M23 et, selon Kinshasa, le soutien rwandais à cette rébellion, des accusations que Kigali conteste. Les processus de Washington et de Doha visent précisément à apporter une réponse diplomatique et sécuritaire à ce conflit.
Pour le gouvernement, la clarification de la position présidentielle vise à préserver la cohésion nationale et à maintenir la pression internationale sur toutes les parties, afin qu’elles respectent leurs engagements en faveur d’une paix durable.
RM. Malembe


