À neuf jours du XXᵉ Sommet de la Francophonie, prévu les 15 et 16 novembre 2026 à Phnom Penh, au Cambodge, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) se trouve à un tournant décisif. Sous le thème « Réinvestir dans la paix pour une prospérité partagée et une stabilité durable », les chefs d’État et de gouvernement devront définir les grandes orientations de l’institution pour les prochaines années et procéder à l’élection de son ou sa secrétaire générale.
Mais derrière cette échéance diplomatique se dessine une question plus fondamentale : quel visage donner à la Francophonie du XXIᵉ siècle ?
Le centre de gravité de la langue française semble progressivement se déplacer. En mai 2026, le président français Emmanuel Macron évoquait déjà ce basculement vers le bassin du fleuve Congo, symbole d’une Afrique devenue incontournable dans l’avenir de la langue française.
Cette évolution démographique, culturelle et politique appelle une transformation de l’institution. La Francophonie ne peut plus se limiter à un héritage historique ou à un espace de coopération entre gouvernements. Elle doit devenir un véritable espace de dialogue, de solidarité et d’opportunités, davantage ancré dans les aspirations de ses peuples.
C’est précisément l’ambition portée par Juliana Amato Lumumba, candidate à la fonction de secrétaire générale, à travers son projet d’une « Francophonie des peuples », plus inclusive, plus moderne et davantage tournée vers les réalités du monde contemporain.
Car l’avenir ne se construit pas demain. Il se prépare aujourd’hui, par les décisions et les engagements du présent. La célèbre formule de Robert Kiyosaki — « L’avenir est créé par ce que vous faites aujourd’hui, pas demain », prend ici tout son sens.
À Phnom Penh, la Francophonie sera donc face à un choix qui dépasse une simple échéance électorale : rester une institution héritée de son histoire ou devenir un espace vivant, porté par ses peuples et tourné vers les réalités du XXIᵉ siècle.
Une certitude s’impose : le prochain chapitre de la Francophonie pourrait bien s’écrire depuis l’Afrique, au rythme du fleuve Congo.
L. Malembe


