Et si la culture devenait l’une des plus grandes richesses de la République démocratique du Congo ? C’est le pari porté par Yolande Elebe Ma Ndembo. À la tête du ministère de la Culture, Arts et Patrimoine, l’écrivaine et experte culturelle défend une conviction forte : les arts ne sont pas seulement une affaire de passion, ils constituent un puissant levier de développement économique, de cohésion sociale et de rayonnement international.
Dans un pays où la musique, la littérature, le cinéma, la mode, les arts visuels et le patrimoine forment une mosaïque culturelle exceptionnelle, la ministre entend transformer ce potentiel en véritable moteur de croissance.
La culture, un secteur à bâtir
Pendant longtemps, le secteur culturel congolais a évolué grâce au talent de ses artistes, mais sans véritable structuration. Depuis son arrivée au gouvernement, Yolande Elebe s’est engagée à changer cette réalité. Sa vision, baptisée « Culture à 360 degrés », repose sur une idée simple : accompagner les créateurs, professionnaliser les métiers de la culture et faire de l’État un partenaire du développement artistique.
Parmi les premières avancées figure la mise en place d’un répertoire numérique des artistes, destiné à leur offrir une reconnaissance officielle et à faciliter leur accès aux différents mécanismes d’accompagnement. La simplification des démarches liées à leur mobilité internationale s’inscrit également dans cette volonté d’ouvrir davantage les portes du monde aux talents congolais.
L’art comme créateur d’emplois
Pour Yolande Elebe, la culture ne représente pas uniquement un patrimoine à protéger. Elle constitue aussi une véritable économie.
Mode, cinéma, artisanat, musique ou encore design sont désormais considérés comme des filières capables de créer des emplois, de stimuler l’innovation et de participer à la diversification économique du pays. La Kolwezi Fashion Week, le projet de développement des Maisons de la culture ainsi que l’accompagnement de productions cinématographiques illustrent cette ambition de bâtir une industrie culturelle solide.
Le septième art occupe d’ailleurs une place particulière dans cette stratégie. L’éligibilité de la RDC à la compétition de l’Oscar du meilleur film international et le soutien accordé aux productions nationales traduisent une volonté de donner au cinéma congolais une visibilité durable sur la scène mondiale.
Protéger ceux qui créent
La reconnaissance du statut professionnel des artistes constitue un autre chantier majeur.
La mise en œuvre progressive de la couverture santé prévue par le Statut de l’artiste marque une évolution importante. Au-delà de la création, il s’agit désormais de garantir aux femmes et aux hommes de culture une protection sociale à la hauteur de leur contribution à la société.
Une réforme qui traduit une nouvelle manière de considérer les artistes : non plus comme de simples animateurs de la vie culturelle, mais comme des acteurs essentiels du développement national.
La diplomatie culturelle en action
Faire rayonner la RDC au-delà de ses frontières fait également partie des priorités de la ministre.
De la Biennale de Venise au Festival international du livre gabonais, en passant par l’accompagnement d’artistes sur les grandes scènes internationales, la diplomatie culturelle devient un outil d’influence.
Cette dynamique s’étend aussi à la valorisation du patrimoine national, notamment à travers les initiatives liées à la restitution des biens culturels congolais conservés à l’étranger et à la préservation de la mémoire artistique du pays.
Une culture qui rassemble
Au-delà des grandes manifestations culturelles, Yolande Elebe défend une approche profondément sociale.
Soutien aux jeunes en réinsertion par les métiers créatifs, valorisation de l’artisanat, promotion de la rumba, du gospel et des autres expressions artistiques : la culture devient un espace d’inclusion, de transmission et d’espoir.
Dans cette vision, chaque artiste est un ambassadeur, chaque œuvre participe à la construction de l’identité nationale et chaque initiative culturelle contribue au développement du pays.
Le pari de l’avenir
En quelques années, Yolande Elebe Ma Ndembo aura insufflé une nouvelle dynamique à la politique culturelle congolaise. Son ambition dépasse largement la promotion des arts : faire de la culture un secteur stratégique, créateur de richesses, protecteur des artistes, gardien de la mémoire collective et vecteur d’influence pour la République démocratique du Congo.
Malembe
Laetitia



