En refusant la voie des armes au profit du combat politique, l’ancienne ministre des Droits humains et proche de Joseph Kabila affirme une position qui place le suffrage universel, le dialogue et la légitimité populaire au cœur de son engagement. Un choix à forte portée politique dans un contexte national marqué par les défis sécuritaires et les tensions politiques.
La politique offre parfois des moments où les convictions individuelles prennent une dimension nationale. La prise de position de Marie-Ange Mushobekwa, ancienne ministre des Droits humains, s’inscrit dans cette dynamique. En annonçant son refus de toute action armée et sa volonté de poursuivre son combat politique par les voies républicaines, elle réaffirme son attachement aux principes démocratiques et à la souveraineté du peuple congolais.
Figure politique ayant évolué aux côtés de l’ancien président Joseph Kabila, Marie-Ange Mushobekwa n’efface pas son parcours passé. Au contraire, elle le revendique comme une expérience qui a contribué à façonner son engagement public. Elle affirme avoir servi la République avec « respect, conviction et loyauté », une période qu’elle considère comme une étape importante de sa trajectoire politique.
Toutefois, la fidélité à une expérience politique ne signifie pas nécessairement l’adhésion à toutes les orientations futures. Face au choix de certains acteurs de recourir à la lutte armée, elle affirme sa volonté de poursuivre son combat autrement : par la parole, la confrontation des idées et l’engagement politique.
La voie républicaine, un choix de conviction
En privilégiant une opposition politique menée dans le respect des principes républicains, Marie-Ange Mushobekwa défend une conception de la démocratie dans laquelle le pouvoir et son exercice doivent trouver leur légitimité dans la volonté populaire.
Son refus de la violence armée traduit une volonté de maintenir le combat politique dans le cadre des mécanismes démocratiques. Pour elle, la conquête du pouvoir et la défense des convictions doivent passer par les urnes, la mobilisation citoyenne et le débat politique, plutôt que par les armes.
Son choix de poursuivre son engagement depuis l’opposition à Kinshasa témoigne ainsi de sa volonté de rester dans l’arène politique nationale, sans renoncer à ses convictions ni à son droit de contester les orientations du pouvoir en place.
Dans un pays confronté à des défis sécuritaires majeurs, cette distinction entre opposition politique et recours à la violence revêt une importance particulière. Elle rappelle que le désaccord politique, aussi profond soit-il, ne devrait pas nécessairement conduire à la confrontation armée.
Le suffrage universel comme fondement de la légitimité
Au cœur de la position défendue par Marie-Ange Mushobekwa se trouve un principe essentiel : le suffrage universel demeure le moyen légitime de conquérir et de renouveler le pouvoir dans une démocratie.
Ce principe implique que les divergences politiques soient arbitrées par les citoyens, à travers des élections crédibles, libres et transparentes. Il suppose également que les acteurs politiques acceptent le débat contradictoire et privilégient les mécanismes institutionnels pour faire valoir leurs revendications.
En défendant cette approche, l’ancienne ministre rappelle que la démocratie ne se limite pas à l’exercice du pouvoir. Elle repose aussi sur la capacité de l’opposition à s’exprimer, à proposer une alternative et à convaincre les électeurs.
Rabbi Moke Malembe



